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  • Mengwang Jean-Pierre Alvarez

Le plan « 1 jeune, 1 solution »

La situation des jeunes face à l’emploi est préoccupante depuis quelques années et les effets de la crise sanitaire n'arrangent pas les choses. Lorsque la pandémie débute en 2020, le bureau international du travail (BIT) dénombrait 2,3 millions de chômeurs et un taux de chômage à 7,8%. Et même si les 25 à 50 ans sont les plus touchés (1,4 millions), la part des jeunes de moins de 25 ans est trop importante (555 000). Cette situation interpelle directement le sommet de l'État et, dans l'obligation d’y répondre, le gouvernement a mis en place plusieurs actions dont le plan « 1 jeune, 1 solution ».


La stratégie du gouvernement

Afin de répondre efficacement au problème des jeunes vis-à-vis de l'emploi, le gouvernement a lancé durant l’été 2020 un vaste plan de relance de l’emploi qui touche tous les domaines de la vie des jeunes. C'est le plan « 1 jeune, 1 solution ». En quoi consiste-t-il ? Cette initiative, qui se matérialise à travers une plateforme en ligne, permet aux jeunes d’avoir accès à un accompagnement, des formations, ainsi que des aides pour faciliter leur entrée dans le monde professionnel. Dans son allocution relative au levier économique au cœur de la crise sanitaire, Emmanuel Macron annonçait que « aucun jeune ne devait se retrouver sans solution ». Et c'est le premier ministre qui annonça à l’été 2020 depuis un centre d'apprentis ce vaste plan de relance à l’emploi dédié aux jeunes que nous allons décortiquer ci-dessous.


Les grands axes du plan « 1 jeune, 1 solution »

Ce plan se décline en trois axes principaux qui vont venir alimenter l’insertion professionnelle des jeunes. 1. Faciliter l’insertion professionnelle Cette mesure propose d’aider les entreprises et associations à hauteur de 4 000€ pour tous jeunes dont le recrutement s'est fait entre le 1er Août 2020 et le 31 mars 2021. Cette compensation va plus loin en ajoutant une aide exceptionnelle de 5000€ pour le recrutement d'un alternant de moins de 18 ans et de 8 000€ pour un alternant de plus de 18 ans. À cela s'ajoutent des missions d’utilité publique et sociale pour des jeunes en recherche d'orientation et de sens dans leur projet professionnel. C’est une augmentation des services civiques de 6 à 12 mois qui est mise en place pour leur permettre d’avoir une expérience et d’acquérir des compétences. 2. Orienter et former 200 000 jeunes vers des métiers d’avenir Sur cet axe, le gouvernement prévoit de mettre en place 10 000 nouvelles formations qualifiantes ou pré-qualifiantes accessibles à tous les jeunes sans qualification ou connaissant un échec dans l'enseignement supérieur. Le plan prévoit également des formations dans le secteur sanitaire pour augmenter la capacité des aides-soignants, des infirmières et des auxiliaires de vie pour les 5 années à venir afin de répondre efficacement à la charge hospitalière. À cela s'ajoutent également des formations numériques, des parcours personnalisés pour les jeunes de 16 à 18 ans en décrochage et des places supplémentaires pour poursuivre des formations professionnalisantes en CAP et en BTS. 3. Réinsérer les jeunes éloignés de l’emploi C'est la mise en place de 300 000 parcours sur-mesure renforcés par des dispositifs d'inclusion dans l'emploi reposant sur un suivi et un encadrement des jeunes tant par les employeurs que par le service public de l'emploi sur le long-terme. Le gouvernement veut en outre réarmer cet accompagnement en se focalisant sur les jeunes de 16 à 25 ans en situation précaire dans le but de leur garantir une perspective dans le monde professionnel.

Un plan difficilement contestable

Si certains membres de l'opposition utilisent des pincettes en commentant ce plan, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Entre autres, le député communiste Sébastien Jumel admet que tout n'est pas mauvais dans cette mesure : l’État a débloqué des fonds, « ce serait malhonnête de dire le contraire ». Il estime néanmoins que ce dispositif est insuffisant et ses effets ne se font pas ressentir sur le terrain. Selon lui, la situation est urgente, et au lieu de créer des sites internet et des numéros verts, il faudrait plutôt ouvrir le RSA aux jeunes dès 18 ans au lieu d'attendre 25 ans (âge de la majorité sociale). Pour les Républicains ce plan est jugé tardif et ne permet pas aux entreprises d'anticiper, « on aurait dû le faire en été » soulignent-t-ils. Le président de la commission des finances de l’Assemblée Nationale, quant à lui, pense que ce plan aura des conséquences graves sur les finances publiques et se demande comment le pays va réussir à payer et si au final, cette initiative ne serait pas une bombe à retardement financière. Enfin, du côté de Jean Luc Mélenchon, on perçoit cette mesure comme un plan de communication d’Emmanuel Macron.


Et les jeunes dans tout ça ?

Au vu des nombreux témoignages, tout porte à croire que les jeunes bénéficient réellement de cette initiative. Oscar est coiffeur depuis ses 15 ans et bénéficie du Contrat initiative emploi Jeunes (CIE Jeunes), « je me suis tourné vers ce contrat car il me permet d’avoir un vrai suivi personnalisé grâce à mon accompagnateur au sein du pôle emploi qui m’envoie beaucoup d'offres d’emploi. Je pourrais envisager d'avoir un CDI dans au moins 6 mois ». Anissa, titulaire d'un bac pro en septembre 2019, quant à elle, bénéficie de l’Accompagnement Intensif des Jeunes (AIJ). Elle vient de rencontrer un agent au sein de la mission locale qui l’a accompagné dans la création de son espace en ligne et l’élaboration de son CV. Cela lui a permis de trouver un contrat dans le commerce. Mais cet accompagnement va au-delà de la recherche de son emploi puisqu'elle va pouvoir prochainement avoir un financement pour passer son permis de conduire. On peut donc observer que même si les effets tardent à se faire sentir sur l'ensemble du territoire français, le projet « 1 jeune, 1 solution » offre à tous ces bénéficiaires une perspective au milieu de cette pandémie.


Mengwang Jean-Pierre Alvarez