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  • Marianne Leroux

Le Havre - premier port français à bénéficier de la 5G

Le 19 mars dernier, le coup d’envoi de la 5G dans le port du Havre a été donné par Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique, et Stéphane Richard, PDG d’Orange. C’était une première sur le territoire français. L’occasion pour le « 5G Lab » - structure collective réunissant Siemens, Nokia et EDF autour de la Communauté urbaine du Havre et du port du Havre - de présenter les enjeux de cette 5G avec de premières expérimentations liées à des navires de service qui opèrent sur le plan d’eau du Havre.


Des avancées techniques pour regagner en compétitivité


La 5G est quatre fois plus performante que l’actuelle 4G. Le PDG d’Orange a affirmé qu’elle « permettra d'échanger des volumes importants d'informations en temps réel, sans aucune latence, de généraliser l'utilisation d'équipements à distance comme les drones ou les robots autonomes. ».

Le secrétaire d’Etat, Cédric O, a ainsi assisté à une démonstration de dragage à distance. Cela consiste à extraire des matériaux qui se trouvent au fond d’un plan d’eau. Pour pouvoir accueillir les plus gros porte-conteneurs du monde, Haropa – Port du Havre, drague chaque année 2 millions de mètres cubes de sédiments. « L’enjeu en termes de compétitivité est énorme », a rappelé Baptiste Maurand, président du port du Havre.


Il a évoqué également “Le plan d'eau connecté qui permettra d'avoir un dialogue avec les bateaux, les manutentionnaires, l'ensemble des services aux navires… La technologie améliore ces échanges parfois complexes. Nous devons être cependant garants d'une implantation raisonnée de cette 5G. »


L’équipe d’Orange a présenté un autre cas pratique : un robot qui permet de nettoyer les déchets en plastique. Créé par la start-up marseillaise Iadys, le Jellyfish Boat peut ramasser dans son filet jusqu’à 30 litres de micro-déchets et hydrocarbures, à la surface du plan d’eau. Jusque-là télécommandé à vue, il pourra, doté de caméras, de capteurs et piloté en 5G, être autonome et effectuer la reconnaissance d’objets et le traitement de données.


Des métiers sont amenés à évoluer, comme celui de conducteur de grue. Avec la 5G, le travail ne s'effectuera plus dans une cabine à 50 mètres du sol car l'engin pourra être conduit depuis le sol, offrant à la fois moins de risque et plus de confort à l'opérateur. Des capteurs sur les travailleurs isolés, comme les veilleurs de nuit, pourront offrir une meilleure sécurité. Orange explique que « la 5G fait gagner du temps pour l'alerte en cas d'accident mais aussi, pour l'intervention des secours ».


L’objectif des cinq partenaires (Port du Havre, communauté urbaine havraise, Nokia, Siemens et EDF) est d’identifier des cas d’usage qui pourront, après expérimentation, être développés le long des ports de l’axe Seine. L’enjeu est de taille : il s’agit, face à la concurrence, de contribuer à l’attractivité de la place portuaire mais également de tout l’axe Seine.


Une technologie qui fait encore peur


Ces derniers mois ont été rythmés par des rassemblements dans toute la France pour mettre en garde contre la potentielle dangerosité du déploiement de la 5G sur le territoire national. Des opposants inquiets de voir cette nouvelle technologie s’implanter en France.

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche en septembre 2020, une soixantaine d’élus de gauche ont demandé un moratoire sur le déploiement de la 5G estimant que le Président de la République en avait fait la promesse lors de la Convention citoyenne sur le climat . Promesse qu’il n’a pas tenue : sur les 46 propositions retenues de la Convention citoyenne, le moratoire sur la 5G n’y figure pas.

Des questions se posent alors quant aux effets sur l’environnement et sur la santé de cette nouvelle technologie.


Sur le plan environnemental, la 5G pose plusieurs problèmes : la masse de ressources et matériaux nécessaires pour les équipements, le risque d’encourager davantage l’obsolescence programmée des smartphones et des logiciels, ou encore les émissions carbones générées par l’augmentation des volumes échangés. Mais certains estiment que la 5G permettrait à certains secteurs de limiter leur empreinte écologique en réduisant, par exemple, des besoins de transports.

Sur le plan sanitaire, certains ont une crainte vis-à-vis des ondes émises par la 5G qui seraient cancérigènes. Des études sur cette technologie ont été faites et elles semblent exclure un quelconque danger de la 5G sur la santé. De l’avis de plusieurs spécialistes, ce ne sont pas les ondes de la 5G qui représentent un danger mais plutôt le téléphone portable.

La 5G va permettre l’émergence de nouveaux usages professionnels, dans le milieu de la télémédecine notamment. Les opérations chirurgicales à distance auront besoin d’un réseau fiable, rapide et réactif.


Un rapport gouvernemental avait été publié le 15 septembre : « Il n’existe pas, selon le consensus des agences sanitaires nationales et internationales d’effets néfastes avérés à court terme, en-dessous des valeurs limites d’exposition recommandées ».


Le PDG d’Orange a annoncé le déploiement progressif de la 5G sur 80 % de la ville du Havre, avec l’installation d’une vingtaine d’antennes, d’ici le premier semestre. Une couverture qui va se poursuivre sur la communauté urbaine d’ici l’été prochain.


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