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  • Lisa Brival

Journée Internationale des droits des femmes : où en sommes-nous ?

Le 8 Mars est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. C’est le moment de se questionner sur les actions politiques mises en place pour l’égalité. A l’occasion, La République en Marche a déposé une proposition de loi pour ajouter des quotas de femmes dans les postes clés des entreprises. Chaque 8 mars, le monde entier célèbre les droits des femmes, depuis presque 100 ans en fonction des pays. En France c’est seulement en 1982 que la journée est officiellement reconnue. Ce sont des manifestations et des évènements qui orchestrent cette journée de militantisme féministe pour l’égalité des sexes. Les chiffres le montrent, l’égalité est loin d’être atteinte à certains niveaux. Entre violences physiques, morales et sexuelles, écart salarial, sexisme, harcèlement ou encore répartition des tâches ménagères, les femmes, victimes des conditionnements de nos sociétés, peinent à solidifier leurs places. C’est pourquoi, au lendemain du 8 mars 2021, le temps est au bilan.

Le Covid-19 où les inégalités (dé)confinées

Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU disait, le 9 avril dernier, « L’égalité des sexes et les droits des femmes sont essentiels pour traverser ensemble cette pandémie, pour se rétablir plus rapidement et pour construire un avenir meilleur pour tous ». La pandémie du Covid-19 a mis les femmes sur tous les fronts : infirmières, aides-soignantes, hôtesses de caisse ou professeures des écoles, ce sont elles qui gèrent. Selon une enquête menée par l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT, 70% des femmes déclarent que leur activité habituelle est essentielle en temps de covid. Leur charge de travail s’est intensifiée et 24% d’entre elles ont vu leur temps de travail augmenter. A cela s'ajoutent les conditions de vie, la gestion des enfants et des tâches ménagères. Hommes et femmes n’ont pas été sur un même pied d’égalité concernant leurs enfants. Selon l’enquête Acemo-Covid de la Dares, 70% des femmes ont pris un congé maladie pour s’occuper d’eux contre 30% des hommes. Chez les parents d’enfants de moins de 16 ans, qui continuent de travailler, 43% des femmes et 26% des hommes disent passer plus de 4h supplémentaires par jour à s’occuper des enfants. A cela s'ajoutent les tâches ménagères. Selon une étude menée par Harris sur l’impact du confinement sur les inégalités, les femmes consacrent 2h34 de tâches ménagères par jour contre 2h10 pour les hommes. Qui prépare les repas ? 63% des femmes sont chargées de faire à manger et 11% considèrent que c’est à leur conjoint de le faire. Selon la même étude, 58% des femmes considèrent qu’elles consacrent plus de temps que leurs conjoints aux tâches ménagères. Au-delà des inégalités au sein du foyer, les confinements ont décuplé les violences. Malheureusement les chiffres des violences conjugales au sein des foyers français ont bondi. Avec le premier confinement, l’Organisation Mondiale de la Santé avait enregistré jusqu’à 60% d’appels d’urgence de plus en Europe. Le service d’écoute français 39 19 l’affirme, entre le 16 mars et le 11 mai 2020, 44 235 appels ont été enregistrés contre 96 000 appels sur toute l’année 2019. Confiné mais violenté. Néanmoins, la période a prouvé que face à l’augmentation des violences conjugales, Gouvernement, associations et entreprises ont su réagir à temps. Point positif appuyé par la diminution des féminicides : 146 en 2019, contre 90 en 2020.


Des inégalités augmentées mais pas étouffées

Les inégalités amplifiées par le Covid 19, pour certaines, ont été entendues. Le gouvernement, les institutions, les associations et les militants ont réagi. Concernant les violences faites aux femmes, les services d’urgence, des numéros de téléphone ou encore des messages codés ont été mis en place. Certaines lois comme celle de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ont été rappelées. Le 30 juillet 2020, une loi visant à (mieux) protéger les victimes de violences conjugales a été votée. Le 23 septembre 2020, un décret met en place un dispositif électronique mobile anti-rapprochement destiné à assurer le contrôle à distance des conjoints et ex-conjoints violents. Depuis plusieurs années maintenant, les actions en faveur de la lutte pour les droits des femmes ne cessent d’augmenter. Le gouvernement l’entend et tente d’agir en faveur des femmes françaises. Le 8 janvier 2019, le décret 2019-15 a été signé. Son objectif : mettre en place des dispositions visant à supprimer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes dans l’entreprise et relatives à la lutte contre les violences sexuelles et les agissements sexistes au travail. Le 8 mars 2021 s’inscrit dans l’évolution avec une proposition de loi de la République en Marche. Des quotas de femmes dans les postes clés des entreprises. Cette loi vise les entreprises de plus de 1000 salariés et s’applique sur les 10% des postes à plus hautes responsabilités comme les comités exécutifs qui entourent les directeurs généraux par exemple. Ce seront des quotas progressifs : 30% des cadres devront être des femmes en 2027 puis 40% en 2030. 10 ans après la loi Copé-Zimmermann imposant un quota de femmes dans les conseils d’administration et de surveillance, LREM s’inscrit dans l’évolution de la condition de la femme dans le milieu professionnel. Loi qui, depuis 2010, a permis à la France de se placer première au niveau européen concernant la part des femmes dans les conseils d’administration. Tandis que la lutte pour le droit des femmes progresse à certains niveaux, elle régresse à d’autres. Quand il s’agit de liberté et d’égalité, les acquis semblent toujours fragiles.

La lutte continue

Les actualités dramatiques de ces dernières années, enclenchées par l’affaire d’Harvey Weintein, ont engendrées une libération de la parole voire une libération de la femme de manière générale. Les mouvements féministes ont une énergie sans faille pour défendre leurs droits et assumer leurs combats. On ne peut nier que les mentalités évoluent et que les idées changent (et dans le bon sens).


Mais la lutte pour les droits des femmes dans le monde est loin d’être terminée. La crise du Covid-19 a confirmé les dires de Simone De Beauvoir

« N’oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. ».


Les citoyennes (et citoyens) sont les principaux acteurs du changement et d’autant plus dans la lutte féministe, c’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, alors que certaines de nos libertés semblent bafouées, les points violets restent serrés en hauteur et forts. Avec un jour de retard, joyeuse journée des droits des femmes à tous celles et ceux qui se battent pour les libertés, l’égalité et la solidarité.


Lisa Brival


Sources :

https://harris-interactive.fr/opinion_polls/limpact-du-confinement-sur-les-inegalites-

femmes-hommes/

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sexo-gyneco/2540198-pma-procreation-

medicalement-assistee-pour-toutes-senat-loi-bioethique-france-definition-pays/

https://www.vie-publique.fr/eclairage/19432-bioethique-louverture-de-la-pma-toutes-les-

femmes-en-debat

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042176652 https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14212 https://www.economie.gouv.fr/files/files/2020/affiches-violences.pdf https://www.vie-publique.fr/eclairage/19590-chronologie-des-droits-des-femmes#:~:text=27%20octobre%201946,ceux%20de%20l'homme.%22 http://www.aveyron.gouv.fr/IMG/pdf/histoire-des-droits-des-femmes-1_cle7b88a8.pdf https://www.amnesty.fr/focus/droit-des-femmes